jeudi 19 avril 2012

Les stars et les mutilations sexuelles




J'ai parlé à Joan Baez à la fin de son concert du 21 mars 2006 au Grand Rex à Paris. Je l'avais attendue à la sortie des artistes. Après qu'elle ait formidablement chanté pendant au moins deux heures avec une voix aussi puissante que lorsqu'elle était jeune, nos regards se sont croisés par dessus la barrière de ses nerveux gardes du corps (je les ai entendu dire que quelqu'un voulait l'assassiner). J'ai eu le plus fantastique orgasme par les yeux de ma vie : pas un torrent d'amour (cf. le film de John Cassavetes), un fleuve d'amour, au moins le Nil..., une jouissance extrême, "la fois de ma vie", comme jamais avant et probablement après... Comme elle passait à un mètre de moi, je lui ai dit : "Mrs Baez, I have come to ask you to say a few words in a movie against sexual mutilation." (qu'un intactiviste français était en train de faire). Elle a fait comme si elle n'avait pas entendu. J'ai alors tenté de lui remettre une lettre contre les mutilations sexuelles, lui demandant de chanter contre. Mais, refusant de signer des autographes à la trentaine de personnes qui avaient fait la queue pour lui parler, elle partit brusquement dans une limousine vrombissante. J'avais eu l'occasion de remettre ma lettre à l'un des membres de son équipe ; elle n'a jamais répondu.


Quelques années plus tard, à la fin de son spectacle à La Cigale, j'ai demandé à Suzanne Vega de mettre en musique mon poème "Pour les droits de l'enfant". Nous nous sommes serrés la main chaleureusement ; je n'ai jamais eu de réponse.

L'année suivante, au même endroit, j'ai remis une demande semblable à une membre de l'équipe d'Ani Difranco (elle n'est pas venue parler avec le public après le concert). Pas davantage de réponse.

Enfin, le 23 juillet 2011, dans ma promenade quotidienne au Quartier Latin, je suis tombé sur Carly Bryant chantant au carrefour de la rue Saint Séverin et de la rue de la Harpe. J'ai passé des instants doucement délicieux : un pur enchantement. Comme j'étais dans l'admiration, le propriétaire du restaurant chinois qui écoutait à côté de moi me dit : "C'est de la soul music, vraiment bonne.

Il n'a pas pu remarquer le long et doux, manifestement partagé cette fois-ci, torrent d'amour entre Carly et moi ("love at first sight"), mon deuxième après Joan Baez six ans auparavant. A la fin de son chant, lui tendant les 5 Euros de son CD, je lui dis : "C'était brillant (je ne savais pas encore son nom), pourrais-je avoir un CD, s'il vous plaît."


Plus tard, je lui ai envoyé un courriel lui demandant de chanter dans un concert contre les mutilations sexuelles féminines, lui suggérant d'écrire une chanson pour l'occasion.

Elle n'a seulement offert de le faire :

"A song for human rights (je souligne) I CAN do.",

mais parlant de droits humains au lieu de droits des femmes, elle a aussi interprété ma demande de façon non sexiste, et voyez le dessin avec deux enfants qu'elle a adopté dans son album de photos :


ET ELLE A PU ; personne n'a encore entendu la nouvelle chanson, elle s'appelle "H.E.L.P., part 2", avec la même magnifique musique que "H.E.L.P. - part 1":


Je demande solennellement à tous les intactivistes du monde, en particulier les féministes, de l'inviter à la chanter.


Sigismond (Michel Hervé Navoiseau-Bertaux)

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